"Chez moi, ça marche." La phrase la plus dangereuse que je connaisse.
En ce moment, la France se déchire sur un dialogue qui devrait être limpide. Des élèves répètent que leur lycée est malade, que ça ne tient plus. Leur requête tient en une ligne : qu’on s’y penche.
En retour, prière (appuyée) de ne pas faire de vagues.
Dans le test logiciel, on est confronté à cette mentalité tous les jours.
De mon point de vue, toute la valeur de notre métier repose sur un principe d’hygiène intellectuelle : chercher à se donner tort plutôt que raison, chercher à faire un usage sain de cette tendance au doute.
Face à une hypothèse, on monte le protocole expérimental qui la démolira.
Que notre instinct soit finalement vainqueur ou vaincu n’a aucune importance.
Ce qui compte c’est le progrès du groupe.
Alors, voilà mon modeste cadeau de contradicteur professionnel.
Au lieu de "t’as tort, tais-toi", essaie "je vois pas la même chose, si je viens tu peux me montrer ?"
La friction reste inévitable, même avec les meilleures intentions et les mots les mieux choisis. C’est pratiquement les étincelles qui donnent au dialogue son honnêteté.
Dans les groupes qui avancent, on invite la question gênante.
Qu’elle révèle une erreur ou qu’elle solidifie une vérité, on y gagne.
Il faut écouter les gens avec sincérité. Il faut aller voir de ses yeux. Et il faut le faire en ayant l’ambition d’avoir tort.
Personne n’échappe à la bêtise de vouloir être conforté dans ses a priori.
Les gens du test encore moins que les autres.
Moi le premier ;)
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