3 mars 2026Rôle de la QA, des devs et de l'organisation

Le jargon disqualifie la compétence

Tu comprends quelque chose quand ton plombier te parle ? Ton électricien ? Ton garagiste ?

Moi non plus.

La semaine dernière, un serrurier est venu remplacer une serrure chez moi.

Le gars était réactif, à l'écoute, manifestement compétent. Je lui ai expliqué ce qui comptait pour moi. Il a l'air d'avoir bien capté.

Il me fait : "Oui, oui, ça doit être la tringlerie de la gâche, le canon est décalé par rapport au sélecteur de crémone, je vais juste dégager le mamelon édriseur pour remettre tout ça d'aplomb et on sera bon."

J'ai rien compris.

Comme j'ai horreur de rester ignare, je lui ai dit "je vais vous poser des questions bêtes, mais j'ai besoin de comprendre."

On est d'accord que tu te sens pas de faire ce cadeau à tous tes fournisseurs ?

Parce que c'est un cadeau. Forcer les sachants à reformuler, à trouver les mots simples, c'est leur rendre service. C'est les obliger à mieux maîtriser leur savoir.

La plupart des gens hochent la tête et disent "ok". Ils ne diront JAMAIS qu'ils n'ont pas compris. Parce qu'ils n'ont pas envie de passer pour des imbéciles.

Et c'est pas leur job ! C'est le nôtre.

Le jargon ne prouve pas la compétence. Il disqualifie. La personne sort de la conversation en se demandant si ses priorités ont été comprises. Inconsciemment, elle t'en voudra même un peu.

La pédagogie n'est pas un bonus, mais une nécessité absolue. Boileau avait tout dit il y a 300 ans : ce qui se conçoit bien s'énonce clairement.

Publié à l'origine sur LinkedIn.

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